Dominique Turcq au séminaire Humanis : regard sur la transformation digitale et le rôle des animateurs de communauté

19 décembre 2017


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Dominique Turcq au séminaire Humanis : regard sur la transformation digitale et le rôle des animateurs de communauté

Le 4 décembre dernier, Arctus organisait avec l’équipe Intranet du groupe HUMANIS, une journée de séminaire dédiée aux animateurs de communauté de l’intranet collaboratif. L'événement a notamment été ponctué par l’intervention remarquée de Dominique Turcq, fondateur de Boostzone et partenaire d’Arctus dans le cadre de l’Observatoire de la créativité. Compte-rendu d’une prestation originale.

« Le digital, c’est un peu comme le tableau de Raoul Dufy, la fée électricité, qui mesure 10 mètres par 50 mètres, on ne sait pas par où ni comment le regarder ! », introduit Dominique Turcq. Pour prendre le recul nécessaire, il nous invite à observer les différentes couches superposées des transformations de notre société, induites par le numérique.

Désintermédiation et multiplication des liens transverses

Dans les années 70-80, une première vague de transformation émerge, baptisée « Jivaro » elle fait référence à la fameuse technique des réducteurs de tête. Elle se caractérise par la réduction des coûts de transaction. Aujourd'hui, elle est encore à l'œuvre au travers de la désintermédiation, possible grâce à toutes les applications qui se déploient (AirBnB, Voyages-sncf, etc.). Elle s’accompagne également de nouveaux challenges au sein des entreprises : multiplication des outils, « Shadow IT », abondance des liens et des sources d’information disponibles… Dans ce cadre, le rôle des animateurs de communauté est clé. Ils doivent jouer un rôle d’ancre pour faire face à l’« infobésité » , un rôle de curateur pour trier l’information de façon intelligente, savoir la mettre en avant voire la « story-teller » et redonner du sens aux données partagées. Cette période s’accompagne également de profonds changements dans les jeux de pouvoir dans les organisations. Avec l’avènement des outils collaboratifs ou des réseaux sociaux d’entreprise, la notion même de hiérarchie tend à imploser, les silos de l’entreprise sont traversés par l’émergence d’une connaissance transversale, de nouveaux talents, d’influenceurs internes (tiens, on a écrit un petit billet sur ce sujet récemment sur le blog Arctus 😊). Là aussi, l’animateur de communauté est un acteur essentiel pour encourager les collaborateurs à rechercher mais aussi partager de l’information de façon horizontale et transverse.

Big data puis intelligence artificielle

Avec le digital nous sommes ensuite entrés dans une 2e ère : celle du big data. Comme avec le web, l’usage des outils collaboratifs en entreprise engendre une grande quantité de données, notamment avec les flux de discussion. Comme le data scientist qui va chercher à exploiter les données issues des systèmes connectés, l’animateur de communauté a un rôle essentiel d’exploitation du contenu pour en valoriser la quintessence.

Au-delà des questions éthiques que posent l’utilisation de ces datas laissées par chacun de nous sur le web, Dominique Turcq rappelle qu’avec le numérique, nous avons tous besoin de nous sentir dans un rapport de confiance. Un rapport que les animateurs de communautés doivent avoir à cœur de cultiver. Pour repérer les utilisateurs qui contribuent, qui apportent du contenu utile, un système de notation, d'attribution de "points bons" sur le réseau social d’entreprise, est-il envisageable ? Quel serait son impact sur la confiance, sur la liberté d’expression des salariés ?

Dominique Turcq aborde ensuite la 3e couche de transformation induite par le digital et que nous vivons actuellement : l'intelligence artificielle. Que penser des impacts possibles de la reconnaissance des langages, biométriques (identification faciale, …), des bots, ou encore de l’analyse des émotions sur les interactions au sein de nos espaces collaboratifs. Sont-ils autant de progrès ou de risques pour nos interactions humaines et sociales ?

« Julevernisme » et neurosciences

Pour finir est évoqué la 4e couche dite "post-digitale". Dominique Turcq nous invite à être « juleverniste ». Un homme qui est décédé en 1904 avant que n'existe tout ce qu’il avait inventé !

Les avancées de nos connaissances en matière de neurosciences nous permettent d’entrevoir de nombreuses applications concrètes pour l’entreprise : pour mieux comprendre les mécanismes de la créativité, du leadership, de la gestion du stress, de l’altérité, du collaboratif ou encore de l’apprentissage ! Autant de façon de remettre l’homme au cœur de la transformation numérique. Dominique Turcq invite ainsi les animateurs de communauté à explorer 3 dimensions des neurosciences :

• Leur contribution en matière d’apprentissage

• Le « Nudge », ce biais décisionnel du cerveau qui consiste à adopter un comportement quand il est « suggéré » de façon indirecte

• Les apports pour leur communauté, des interactions IRL* (que Dominique Turcq rassemble sous le concept de Hi touch) par rapport à celles qui restent virtuelles (low touch).

Réinventer le changement !

Dans un monde en perpétuel mouvement, la notion même de changement est mouvante ! Le rôle de l’animateur de communauté selon Dominique Turcq consiste alors à réinventer le changement dans l’entreprise. Soit en jouant le rôle de poisson pilote sur de nouveaux dispositifs, soit en étant « corsaire », utilisateur missionné par la direction pour tester des dispositifs en marge des outils habituels, soit en devenant de véritable pirate, comme les corporate hackers qui importent -sous les lignes des radars- de nouvelles pratiques dans l’organisation. Car finalement, être animateur de communauté, c’est donner du sens à tous ces changements, c’est ré-enchanter les outils digitaux pour valoriser de nouveaux usages à la fois éthiques et humains !

*IRL : In Real Life

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