Réseau Social d’Entreprise & Identité numérique


Paroles d'experts

Réseau Social d’Entreprise & Identité numérique

La notion de réseau social d'entreprise (RSE) est au cœur des mécanismes du Web social, ou 2.0, dans les organisations du travail. Elle s’accompagne, en corrélation, d’une réflexion sur les caractéristiques de l'identité numérique des collaborateurs eux-mêmes.

La problématique des réseaux sociaux met aujourd'hui davantage l'accent sur les pratiques et les usages, tandis qu’elle relègue au second plan les considérations techniques, au cœur de l’attention il y a quelques années à peine. Les besoins des utilisateurs dans l'exercice quotidien de leur activité se trouvent en effet au centre des réflexions du Web 2.0 (par nature interactif, collaboratif et communautaire) dont le réseau social d’entreprise est l'une des expressions.

Quels questionnements en lien avec le Réseau Social d’Entreprise ?

Aborder le double aspect des facettes du réseau social, à travers les fonctionnalités proposées d’une part, comme de son impact à travers les pratiques et les usages qui les accompagnent d’autre part, incite à se poser quelques questions fondamentales :

    • Pourquoi et dans quelles conditions mettre en place un RSE ?
    • Quelle extension donner à l'annuaire enrichi, cœur du RSE?
    • Quelles fonctionnalités développer, pour quel usage ?
    • Quelle dynamique d’animation mettre en  place ?
    • Comment accompagner le déploiement d’un réseau social ?
    • Comment formaliser les bonnes pratiques ?
    • De quelle façon impliquer et motiver le management ?
    • Quels rôles identifier et définir dans la dynamique du RSE ?
    • Quels indicateurs mettre en place sur le fonctionnement du RSE ?
    • Quels mécanismes de gouvernance et de régulation instaurer ?
    • Quels bénéfices quantifiables et non quantifiables attendre du RSE ?

Une triple dimension systémique

De façon globale, la notion de réseau social d'entreprise se comprend aujourd’hui dans une triple dimension systémique qui distingue :

  • Des fonctionnalités Web 2.0. (web social)

    • Au cœur de ces dernières se situe la notion d'annuaire social (ou annuaire enrichi) qui constitue en quelque sorte l'épine dorsale du dispositif d'ensemble. Autour de ce dernier se déploient les quatre pétales principaux des fonctionnalités annexes en matière de :

- communication, avec des services de blogs, de wikis, de micro blogging, de messagerie instantanée, en synergie avec la messagerie traditionnelle, mais aussi des mécanismes d'alerte sous l'angle des RSS, de commentaires et d’e-voting.

- collaboration, avec l'éventail des espaces de travail (individuels, équipes, directions, filiales, établissements, etc.), comme des applications métier webisées propres aux secteurs d'activité, et des fonctionnalités de travail à distance (télétravail, mobilité).

- capitalisation, avec la formalisation des mécanismes de structuration des connaissances (métadonnées, indexation, etc.), en lien avec les fonctionnalités du moteur de recherche, les principes d’archivage et d'évaluation du patrimoine immatériel de l'entreprise.

- coordination, avec l'ensemble des fonctionnalités de suivi des activités, de synchronisation, d'alertes, d'annuaire de compétences, d'identification des communautés d'intérêts et des communautés de pratiques.

  • Des mécanismes d'organisation et de gouvernance

    • Ces derniers reposent pour l'essentiel sur la formalisation des usages et des pratiques en lien avec les fonctionnalités déployées sous l'angle des :

- processus internes : définition analytique des différentes activités et des tâches susceptibles d’être accomplies dans le cadre du dispositif d’ensemble, comme de leurs interactions multiples.

- procédures internes : formalisation des principes et des règles inscrites dans la gouvernance du dispositif socio-technique dans son ensemble, sous l’angle des mécanismes d’administration, de contribution, de validation, de mutualisation et d’arbitrage.

- mécanismes d'employabilité : qualification des pratiques courantes que doivent acquérir les collaborateurs comme les managers pour bénéficier des apports des solutions déployées, comme pour leur permettre une plus grande mobilité et flexibilité professionnelle.

  • Des principes de management et de leadership en lien avec ces nouvelles pratiques, enfin. L’expérience prouve en effet, de façon croissante, que le management de proximité constitue le levier décisif d’acculturation aux pratiques et aux usages quotidiens des médias sociaux. Ce constat incite à se pencher sur les évolutions du management traditionnel dans ses fonctions de gestion d'équipe, de reporting, d'anticipation, d'animation, pour que ces dernières intègrent les apports du Web 2.0 comme éléments non pas de complexité accrue, mais de facilitation quotidienne des tâches de l’encadrement.

 

Et l’identité numérique ?

L’exploration fonctionnelle et technique du réseau social d’entreprise conduit donc à identifier la multiplicité des traces laissées par les collaborateurs sur le dispositif d’ensemble, lorsqu’il l’utilise dans les situations les plus diverses de la vie quotidienne, en lien avec la richesse des fonctionnalités proposées. D’où l’émergence de la prise en compte croissante de la notion de signal social. Cette dernière, en lien avec le concept d'identité numérique, est née du constat de la multiplication exponentielle des données personnelles éparpillées sur le Web lors de son utilisation, à titre privé ou professionnel.

Mais qu’est-ce au juste que l’identité numérique ? Elle conjugue de manière disparate les informations mentionnées lors de la constitution de profils, la contribution aux fonctionnalités du Web 2.0 (blog, wikis, etc.), ainsi que les traces - multiples et cumulatives - abandonnées par tout individu lors d'une navigation sur un site web. En complément, elle est augmentée par les ressources documentaires qu’il poste sur le Web (photos, documents, vidéos, etc.), les liens qu’il établit vers les contenus qui l'intéressent, les informations qu’il rediffuse auprès des autres.

Wikipedia en donne une définition lapidaire, « L’identité numérique est un lien technologique ente une identité réelle et une identité virtuelle ». À ce titre, elle est la relation entre les caractéristiques propres d'un individu physique et sa représentation sur le Web. Sans volonté d’exhaustivité, les principales caractéristiques de l'identité numérique sont les suivantes :

  • Unicité :

    • L’identité numérique ne correspond qu'à un individu spécifié. Elle le représente dans la diversité de ses modes d’expression sur le web.

  • Dynamisme :

    • L'identité numérique s’inscrit dans un continuum, elle est en devenir permanent. Elle s'ajuste, se modifie, s'accroît, se rétracte ou se dilate, en fonction de la sous-exposition ou surexposition de son propriétaire.

  • Procédure :

    • L'identité numérique est pour une part informelle et non codifiée (web 1.0), mais elle s'inscrit de façon croissante dans le respect de règles et de procédures tacites ou explicites, comme la conformité à la netiquette (dimension de web 2.0 et de web 3.0).

  • Multi-dimensionnalité :

    • L'identité numérique recouvre tout à la fois ce qu’est l’individu, dans sa réalité virtuelle, et par soustraction ou différenciation ce qu’il n’est pas, ce à quoi il ne participe pas ou il n’adhère pas.

  • Cumulation :

    • L'identité numérique associe de façon systémique, pour tout individu, ces éléments hétérogènes que sont ses réseaux, ses communautés, son exposition, ses dynamiques sociales.

  • Traçabilité :

    • L’identité numérique se fonde sur le « signal social » exprimé par un individu, autrement dit sur ce qu'il exprime de lui-même et sur ce que d'autres relaient de lui, de façon parfois informelle, mais aussi identifiable et mesurable.

  • Pluri-technicité :

    • L'identité numérique cumule les traces et l'exposition de l'ensemble des applications et des outils qu’utilise l’individu concerné (ordinateur, smartphone, tablettes, objets communicants, etc.), dans une dimension nomade et mobile, qui plus est.

 

La problématique du réseau social d'entreprise conduit donc à se pencher sur la formalisation de l'identité numérique des collaborateurs. Cela se fait en lien avec la question centrale de la gouvernance d’ensemble. Ses dimensions déontologiques, éthiques, mais aussi réglementaires (CNIL, etc.) sont ainsi abordées.

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